A la joie de vous voir, de partager ce qu'il y avait dans l'air, cette légèreté et ce pied-de-nez fugace fait au destin, il y avait une toile de fond. Nécessaire ou pas, mais présente comme s'il fallait - et on le sait - que Thanatos agite ses grelots en sourdine pour que la vie fuse. De la joie de vous voir, j'ai gardé des lambeaux enroulés autour de mon corps comme autant d'écharpes de mohair, chaudes et arachnéennes, infiniment subtiles. 24 décembre 2011
Melting point
A la joie de vous voir, de partager ce qu'il y avait dans l'air, cette légèreté et ce pied-de-nez fugace fait au destin, il y avait une toile de fond. Nécessaire ou pas, mais présente comme s'il fallait - et on le sait - que Thanatos agite ses grelots en sourdine pour que la vie fuse. De la joie de vous voir, j'ai gardé des lambeaux enroulés autour de mon corps comme autant d'écharpes de mohair, chaudes et arachnéennes, infiniment subtiles.
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Libellés : Gratin de Nouille : du gratin et une nouille
9 décembre 2011
Mon dindon dans ta farce
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Libellés : Soupe à la Nouille et sa flottille de cuirassés mous
18 octobre 2011
Petit moment de grâce
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mardi, octobre 18, 2011
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Libellés : Petite Nouille sur canapé
2 octobre 2011
Jardins intérieurs
La différence, c'est que ce ne sont pas les rassemblements sonores qui vont déclencher. Au contraire, bien au contraire. Incorporés, compris, ils font maintenant le club de mémés tricoteuses qui apaise, qui rappelle le trek perpétuel d'avant, mais qui se termine immanquablement plutôt tôt. Le chahut se fait ailleurs. Du côté des livres et des explorations intimes. Ce qu'on cherche, ce qui fait luxe, ce ne sont plus les sauvages randonnées musicaloaffectueuses, mais le temps liquide et duveteux qu'on pourra consacrer aux concepts de papier, au sens que pourraient recéler ces amoncellements d'étrangetés qu'on trimballe comme une charge démesurée, un habit de lumière ou une croix aux branches barbelées. Ou encore juste le postage sur un certain radeau de fortune, celui qu'un quidam aura pris la peine d'écrire, et qui emmènera par-delà les contingences.
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dimanche, octobre 02, 2011
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Libellés : Petite Nouille sur canapé
2 septembre 2011
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Libellés : Petite Nouille sur canapé
16 août 2011
Poudre d'éther
dé, une charlotte aux fraises qui gèle peut-être, quelque part, au fond d'un frigo plombé. J'ai comparé, je me suis tâtée : l'extrême étalon de l'horreur m'a servi, me sert, de mètre-ruban. Et là, est-ce que c'est pareil ? Et là, est-ce que ça ressemble ?
Certaines convergences, beaucoup d'étrangetés. Oui, même substance, même source, mais tout de même, pas cette absolue projection hors de soi-même, pas cet éventrement. Non, rien à voir, une autre mélodie sur un autre instrument. Et pourtant, tout vient du même point. Le cinoche a le même réalisateur. Faut croire qu'il a l'élégance de ne pas tourner les mêmes films à l'infini, de se renouveler, d'éviter la ritournelle.
C'est pas qu'il ait pas été tenté de rééditer, pourquoi pas, même cheval, même rênes, mais la mayonnaise n'a pas pris. Tout de suite, ça a viré vinaigre, parce que le tour de cuillère était sûrement trop hésitant, trop lunatique, trop absorbé, pas assez constant. Distrait, faut croire. Pris dans cette légèreté qu'il appelait si fort avant et qui le laisse soupeser, maintenant, ce qu'elle vaut d'indifférence creuse.
L'été sportif et doux comme un tournant, comme une réinvention. L'été sportif et doux en devenir, maintenant qu'on a bien laissé filer et qu'on a bien vu comment c'était d'être "comme". La réinstallation dans son temps, dans ses forces, dans sa particularité et toi, là-bas, sur qui je continue à buter de partout, apparitions furtives, hoquetantes, et réabsorption. La part de rêve, même pas. Le rêve lui-même, brut, sans histoire, une image qui tremble et qui s'estompe, une présence-absence douce et dure, une gracieuse mélancolie. Le fin hallucinogène aux transports tremblants.
Il est temps, maintenant, d'aller froisser les fougères. Je materai le ciel à la recherche des carlingues et ferai gaffe aux trolls. Par moment, en silence, je respirerai tout doucement ce parfum d'annihilation, ce souffle anesthésique, la poudre d'éther que tu m'as laissée.
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Libellés : Nouille céleste
26 juillet 2011
Agglutination forcenée
Le cercle vertueux comme une épreuve du feu. Au moment où on se reconcentre sur son nombril, où ça fatigue, forcément, parce que ce qui est naturel à certains crée des courbatures à d'autres, au moment où le temps se fait mouton ronronnant, quoiqu'on sente ses nerfs en dessous, tout à coup, il y a le monde.L'inconnu et ses exigences, les sacrifices qu'on consent pour ne pas faire entendre trop fort sa différence, montrer que le but seul compte. L'inconnu qui te rappelle que outil, truelle, tournevis, tu seras toujours, parce que t'as pas eu les couilles de faire de toi un humain entier. Eux, ils jouent leur partition à la perfection, même si certains que tu avais connus tranquilles y ont perdu une partie de leur onctuosité. Truelle, tournevis, soit. Mais c'est à toi que revient de faire en sorte que, tant qu'à faire, ce soit du Hilti, et pas de la manufacture quartmondiste à pas cher.
Tu écourtes tes nuits pour aller voir de quel genre de chair à canon ils ont besoin. Les virus maléfiques en ont déjà profité pour venir tâter la flanelle du cercle vertueux dont tu t'es habillée. Les relous excités en ont déjà profité pour te charger la mule, avec toute leur bonne méfiance d'incultes à certitudes monnayables. Ils te font venir, à l'aube, ton aube à toi, le nez comme un chou-fleur, et puis après tu erres, totalement lobotomisée, et heureusement que ton compte en banque suit.
Mon but à moi n'est pas comme le leur. Même si je peux douter, parce que le prix à payer, par ommission, n'est pas anodin, il leur reste probablement impensable. Le simple retour à l'amitié créative, à la complémentarité rieuse, à la confiance. Il faut croire que ça n'a pas de prix, en fait. Il faut croire aussi qu'il faut, quoi qu'il arrive, apprendre à saisir les opportunités et tant pis si on y laisse d'autres conforts. Essayer. Parce qu'on ne saura jamais sinon.
Une aube nouvelle, qui s'annonce déchirante comme un accouchement, douloureuse aux encoignures, mais qui doit advenir, pour que le reste se déploie. Le retour à la vie comme tout le monde, les activités de groupe, la friction contre les amas-horaires, la marche et les rails, les clubs et les cours du soir, les apéro-terrasses, la fatigue aux heures organiques, la lutte le matin, contre ce putain de temps indomptable, la lecture en zone transhumante, les visages en vrai, les regards en vrai, le dialogue en vrai. Le différé, les vitres qui protégeaient : assez !
La force, malgré tout, retrouvée sous les Kleenex, l'élixir de vie en perf, goutte à goutte, qui se diffuse. De la noirceur apeurée, des vestiges attendrissants. Mais la blanche élégance de l'albatros a d'autres promesses sous les ailes, d'autres duvets en passe de s'incarner suffisamment pour porter le monde, la bête, le monde, et le soleil.
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17 juillet 2011
Endorphines, enfin
Pendant que tu dors, imagine que les gongs sonnent assez fort, assez dense, que leur traînée auditive fait comme un quadrillage de la pièce, tremblant et pointillé. Imagine la pesanteur bienfaisante qui suit les claques données au volant, la pesanteur moite d'après la douche, celle qui s'habille toujours d'une chemise de coton, pour le mieux. Imagine les boucles hirsutes penchées au-dessus, qui se moquent, en loucedé, comme des petites filles. La perfection lisse, le jade translucide, la puissance toute entière retenue, tendue, opalescente, une statue de marbre blanc, le David florentin, sa grâce et son épaisseur.Imagine tout ça pendant que tu dors, et puis réveille-toi et savoure, le vide serein que laissent les exercices, les ondulations oublieuses, le caoutchouc indolent bercé par le ressac. Savoure l'intensité du jour, va voir les images mises bout à bout, les images qui craquent et pétillent en 3D, les momies dont les bandelettes flottent jusque dans ton cou, les jets d'ombre, les héros si courageux que tu espères que certains en prendront de la graine, les doux poncifs crème à récurer.
Essaie de revenir sur terre, essaie un peu... Le brouillard que tu as pris en tête n'abandonne plus, sa ouate engourdie comme un édredon perpétuel, irisé. Mais c'est le prix de la drogue, celle qu'on laisse, celle qu'on prend. Pas vraiment les mêmes que les vôtres. Arsenal intérieur hyper diversifié, sophistication insensée. Quand il dit qu'il a peur de devenir fou, il ne sait pas, il ne sait pas combien nous le sommes déjà, et combien il faut le prendre comme une chance, une poésie gratuite, de celles qui nous sauveront toujours, même ailleurs. Et que c'est bien grâce à cette folie que nous pouvons nous parler. La même langue.
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4 juillet 2011
Star Wars derrière les barreaux
Sous les cascades de glycines, ou ce que j'ai pris pour, dans mes souvenirs, réunion d'anciens combattants. Chacun comparant les limites de son traintrain domestique. Et de son désinvestissement.A l'intérieur, les dernières notes se font entendre. Tout raté. Un métier. Mais peut-être que le but de la manoeuvre, au fond, était juste d'être là, sous les glycines, à se frotter les coudes, aller et venir, poser des lèvres sur des joues, laisser fulgurer leur lent velouté, chuchoter comme des gamins au bord du fou rire et se faire engueuler par le maître d'école.
La tension redescendue, donc, livides, ils étaient, vidés et souriants. Comme d'habitude, cette affection bon enfant, qui ne se délivre qu'à la louche, aspergée massivement, juste la trempette dans le chaudron qui glougloute doucement. Certains en ont le rouge aux joues, d'autres font la fine bouche. Un cran en dessous toutefois, par rapport à la grand messe industrielle de l'autre fois, le comité restreint de la semaine imposant sa petite retenue.
Le silence religieux, traversé de légers cliquetis, on finit par le fuir, tellement on est (enfin) mauvaises élèves. Dehors, sourires gênés, je me laisse découper en rondelles par le scalpel à la mode, en gros, en vrac, une hâche donc, un gigot par-ci, une escalope par-là. Malaise. Il est des oreilles qui ne devraient pas entendre. Mais pourquoi pas. J'aime sa fragilité, sa sincérité, sa grande gueule. Elle me refait le portrait, ses compliments insupportables. Mes yeux quittent très régulièrement la fraîcheur lunaire de son visage. Autour, une enfilade d'épaules agglutinées. Par à-coups, ma rétine brûle, achoppe sur de l'indicible, et se fige, lockée. J'entends distinctement le grésillement des sabres, le bras de fer de lumière qui crépite et pétarade. J'ai dû baisser les yeux en premier, je suppose. Ce serait logique, en tout cas.
Elle continue, j'abonde, sourire contrit, assumer la perdition, l'errance. Sauf que non, pas vraiment. Ca, c'était avant. Il y a comme une chappe qui s'est formée, un truc empêchant, une nouvelle nonnerie. Protection de carton, protection projective, mais protection. Quand je sors, l'air tout propre, la lumière des histories, le fluide qui bielle les muscles me ramènent aux intemporalités. Les tilleuls bicentenaires, la petite brise qui fait tourner doucement leurs hélicoptères, les odeurs de foin et les bêtes qui paissent tranquillement, impassibles. Tout à coup, tu t'inscris dans l'éternité, tu reviens à ton petit travail de petite fourmi. Et ca fait du bien.
Après, c'est fini, encore les dernières notes. Bravo, bravo, hem. Elle veut s'en aller, soudain. Je réalise qu'il est tard, que tout a passé comme un souffle. Il est content, assommé, ailleurs : il nous serre toutes les deux dans ses grands bras en regardant devant, loin. Les au-revoirs sont lapidaires, escamotés. J'essaie de suivre et puis j'abandonne. Je vais dans l'autre sens en tirant sur mon perf. Ma vue se brouille, c'est la mousson des yeux. Comme, comme... il y a trois ans, sur un canapé qui a débordé. You never learn. Non, ça, ça s'apprend pas, jamais.
Il n'y a pas de leçon, pas de progression. C'est l'essence de la vie qui se condense, là. Contrariée, certes, et elle est souvent contrariée. Il y en a qui préfèrent faire les morts-vivants, histoire de plus trop moussonner. Pierres parmi les pierres, ce dont je rêvais plus jeune. Chacun sa manière. Dans les acumoncellements de bagnoles, j'ai lentement repris du réel. Mais c'était la nuit, tout de même. Et mes rêves sont des super héros. Ils ont éventré la cage. Tordu les barreaux.
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lundi, juillet 04, 2011
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Libellés : Nouille céleste
26 juin 2011
Derrière les yeux
Au creux des vapeurs d'été, il est de drôles de soustractions. Dans la ville aux ombres italiennes, un fond noir en suspension au fond des orbites, visage étonné que se disputent deux mains tendues. La douceur qui en émane parfois, sidérante, et puis d'autres fois l'insolence, cette dureté que je ne perçois que parce qu'elle suscite la mienne.Au soir, tandis que je décharge tranquillement mes sacs verts et que les familles profitent de l'avenue moite pour se remplir la panse, la toute petite brise qui glisse sur mes épaules prend soudain un nom. Les détonations qui suivent, censées mimer les magnificences d'antan, mettent le quartier dans une ambiance guerrière. Je souris. La métaphore est trop évidente.
La chaleur qui fait pulser les hormones, je la sens, je la sens ennivrer le quidam, ennivrer tout le monde. Drapée dans mes robes de nonne mentale, je te la dédie. Tout ce que j'ai pu faire depuis, c'était monter distraitement les canassons de papier mâché qui tournent mollement au coin, là-bas. Les monter du bout des étriers et puis m'expulser d'un coup et partir en courant.
A la rigueur, les images sont miennes, personne ne me les enlèvera. Je les chéris comme des reliques, comme ce qui reste, hors contingences inappropriées. Elles me regardent.
Du fond noir en suspension, je sens parfois les soieries capillaires m'effleurer la joue. Leur musc et leur lustre, affectueux. Alors, je continue à marcher, quelque part ravie, quelque part désolée. Riche de leur persistence, quoi qu'il en soit.
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dimanche, juin 26, 2011
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